J' ouvre les yeux et pourtant, pour rien, sans voie sans peine, sans connaissance peut-être même, le monde n'est plus ce monde, et il n'est plus que des ombres des hommes dont elles dépendaient alors.
Cauchemard ou mauvais rêve, sans défaillir je me relève mais sur un océan sombre par une matinée sans astre, où seul un brouillard inquiétant me laisse saturé de malsaines insinuations à mon insidieux sinistre réveil.
Tantant alors de tater le terrain, me retournant enfin, je réalise soudain, que j' ai dû rouvrir les yeux ici, allongé sur les flots, puisqu' aucun lit d'aucune sorte ni encore moins de bateau ou de barque ou de forme familière ne m' entoure.
Peu à peu me marchant sur cet océan de rien, si ce n' est d'eau pour ces sombres ombres humaines, je tente un élan de course au milieu des perverses formes improbables.
La vérité quand le vraisemblable vascille, vous vient souvent de souhaits oubliés de rêves irréalisés, de tristesse malsaine, ou de solitude cérébrale. La vérité donc quand les songes angoissants se pointent en la demeure réelle, se tient manifestement dans le délire.
"Ainsi soyons plus délirant que lui", me dis-je et au pas de course, j' attrappe des figures fantômatiques et les entrainent dans ma course.
C' est alors que ce monde aussi disparait pour laisser un nouveau non sense s' ouvrir à moi.
Je me reveille, encore, trempé de la tête aux pieds, et je me mets à destester ma vie.